Que l’on ait quelques kilos de trop, que l’on soit en surpoids ou en obésité, notre premier réflexe est de se tourner vers un régime restrictif. En effet, dans nos têtes, perte de poids égale calories à diminuer et donc restriction alimentaire pour venir à bout des kilos en trop.

Même si les mentalités ont tendance à évoluer, pour beaucoup, perte de poids rime encore avec privation et frustration (mais aussi légumes vapeurs et poisson bouilli). 

On le sait aujourd’hui (et même si vous aussi vous vous tournez vers un régime restrictif, nous sommes certaines que vous le savez aussi au fond de vous), les régimes restrictifs ne sont pas la solution pour perdre du poids. Au contraire, ils ont même tendance à vous faire entrer dans un cercle vicieux.

> Pour en savoir plus sur l’impact des régimes restrictifs sur votre santé.

 Mais alors, comment perdre du poids sans régime restrictif ?

C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Qu’est ce qu’un régime ?

A la base, un régime alimentaire désigne tout simplement la façon dont un organisme se nourrit. Il n’a absolument rien à voir avec une quelconque perte de poids et encore moins avec une restriction.

Les hommes se sont toujours intéressés à leur alimentation : pour vivre, pour des raisons de santé (“Un esprit sain dans un corps sain.”), pour le partage… Et chaque région, chaque pays, chaque communauté à ses traditions alimentaires, souvent liées aux produits accessibles locales.

> La véritable définition du mot régime.

Petite histoire de la diététique 

Mais l’essor des régimes, tel qu’on le voit aujourd’hui, est très récent. 

En 1951, la première école de diététique est ouverte et le brevet de technicien en diététique est créé.
En 1953, le premier service de diététique est ouvert à l’hôpital Dieu de Marseille.
En 1962, le brevet de technicien en diététique devient le brevet de technicien supérieur en diététique puis en 1966 apparaît le DUT qui permet également de devenir diététicien.

Le métier de diététicien existe donc depuis très peu de temps. Et bien qu’inscrit dans le Code de la santé publique depuis 1986, ce n’est qu’en 2007 que le diététicien est reconnu comme professionnel de santé.

Malgré tout, sans être un métier reconnu à proprement parler, la perception du corps de la femme a radicalement changée dans les année 60/70. C’est donc à cette période que les premiers régimes “tout public” et farfelus ont vu le jour.

Croyance : les régimes restrictifs sont la solution pour perdre du poids

Il faut bien se rendre compte que dans les années 60/70, lorsque l’on a commencé à élaborer des régimes de perte de poids, les conseils donnés étaient en toute bonne foi.

On connaissait les calories, les protéines, les lipides et les glucides. Ils ont donc créé des régimes à partir de ces connaissances.

Mais depuis, les sciences ont fait d’incroyables avancées.

A l’époque, les conseils étaient très terre à terre et mathématiques : 

  • Tu manges = tu prends du poids donc si tu veux perdre, manges moins. 
  • Les aliments contiennent des calories, les calories font donc grossir. Pour perdre du poids il faut manger moins de calories. 
  • Le sucre fait grossir. Il faut donc supprimer le sucre. 
  • Le gras fait grossir. Il faut supprimer le gras.
  • Et si on ne mange qu’un seul aliment pendant toute la semaine, on perd du poids. C’est donc la solution miracle !

 Mais aujourd’hui, en 2020, on a le recul nécessaire. 

On sait que les régimes restrictifs ne fonctionnent pas. On sait que tout n’est pas une question de calories. On sait que la restriction entraîne des frustrations qui entraînent des troubles du comportement alimentaire. 

Vous savez, pour avoir tester pléthore de régimes, que le prochain régime restrictif que vous ferez aura les même résultats pour d’immenses efforts et sacrifices.

Pourquoi les régimes restrictifs ne fonctionnent pas ?

Tout simplement parce qu’aujourd’hui on sait que notre organisme est bien plus complexe qu’une simple formule de mathématique : calories + calories = prises de poids.

On sait que les calories sont loin d’être l’élément principal de la perte de poids. Que le corps est capable de stocker le sucre et le gras et qu’il peut aussi utiliser ce sucre et ce gras de réserve.

On sait qu’il va préférer stocker que déstocker et qu’il a une mémoire cellulaire : plus on lui imposera de restriction, plus au moindre “écart” il stockera et plus difficilement il acceptera de déstocker par la suite. 

On sait aussi que le métabolisme d’un même individu évolue avec le temps, également en fonction de son activité physique mais aussi et surtout, que son métabolisme s’ajuste lorsqu’on le met au régime.

C’est à dire que son métabolisme va diminuer et donc, qu’il faudrait encore plus diminuer les calories (en théorie) pour qu’il perde du poids (mais là… cela commence à devenir très dangereux, cela peut même des soucis de santé dangereux, comme l’anorexie). D’autant plus que le corps est capable de s’auto-préserver car même si on ne l’alimente pas, il perdra du muscle en premier et non du gras.

Avez-vous vraiment envie de perdre du muscle au lieu du gras ?

Enfin, et c’est sûrement le plus important, on sait aujourd’hui que pour perdre du poids ce n’est pas uniquement une question d’alimentation et que de nombreux facteurs entrent en jeu.

Pourquoi perdre du poids, ce n’est pas juste dans l’assiette?

Parce que manger, ce n’est pas juste mettre des aliments dans sa bouche.

Manger, ce sont des sens : le goût, le toucher, l’ouïe, la vue et l’odorat. 
Tous ces sens s’activent intensément lorsque l’on prépare un repas, ouvre un paquet ou que l’on déguste les aliments. 

Manger ce sont des émotions : c’est du partage, du plaisir, de la convivialité, de l’envie, etc. 
Mais manger est tout sauf évident, même si ça le devrait.

Remontons un peu dans le temps : 

  • Manger, c’est inné, on le fait dès le tout premier jour de sa vie sans que personne ne nous l’ait appris. Instinctivement, on a toujours mis les choses à la bouche. C’était notre façon d’explorer le monde qui nous entoure. Un enfant, même tout petit, porte énormément d’attention à ce qu’il fait quand il mange, si bien qu’il sait parfaitement à la fois, quand il a faim et quand il est repu. Mais en grandissant, des phrases comme “mange plus vite”, “fini ton assiette”, “mange avec tes couverts”, “tu seras puni.e si tu ne manges pas si ou ça” nous on fait perdre nos sensations. 
  • On nous a aussi appris à manger nos émotions. Lorsqu’un enfant pleure, est en colère, se blesse, est frustré ou fatigué, pour éviter d’être remarqué en société par le bruit qu’il peut faire, on lui apprend très vite à renier ses émotions, à les refouler et souvent un aliment lui est donné pour le calmer (ou un téléphone portable de nos jours :p). On a donc appris à gérer nos émotions par l’alimentation et ça, ce n’est pas du tout une question d’assiette ou de calorie. Il faut donc réapprendre adulte à gérer nos émotions.

Aujourd’hui, on vit en plus dans une société où tout doit aller vite. Où la charge mentale est de plus en plus importante. Où manger est une tâche parmi tant d’autres au même titre que faire sa lessive, faire la vaisselle ou se laver les dents.

L’enfant explorateur a quitté notre corps depuis bien longtemps. Nous sommes une grande partie de notre temps des robots qui accomplissons tâche après tâche. Et qui cherche du plaisir, de la satisfaction en grignotant un truc par-ci par-là ou qui fait une compulsion alimentaire lorsque la soupape émotionnelle s’active.

On mange vite, de plus en plus vite, les yeux rivés sur des écrans (télévision, tablette, smartphone…), nos sens sont inactivés et le plaisir fugace.

A force de vouloir perdre du poids, vite et par tous les moyens, on finit par haïr de plus en plus son corps. Ce corps qui ne coopère pas alors que l’on fait tous les efforts du monde, ce corps que l’on maltraite en le privant, ce corps qui éprouve de plus en plus de difficulté à s’habiller à se sentir bien, ce corps que l’on est incapable d’aimer, ce corps qui finalement est totalement déconnecté de son esprit.

Quelle est la solution la plus efficace pour perdre du poids ?

Il faut donc réussir pour perdre du poids, non seulement à manger équilibré, car cela reste important pour notre santé, mais surtout réapprendre à faire attention à nous lorsque l’on mange.

Il nous faut sortir de notre mode “automatique”, reprendre le temps de manger, le temps de savourer et surtout, surtout réussir, enfin, à gérer nos émotions autrement qu’en mangeant, savoir se déculpabiliser, savoir se faire plaisir à soi et pas seulement aux autres, savoir ce que l’on ressent, ce que l’on veut et, non sans difficulté, réapprendre à associer son corps avec son esprit.

Perdre du poids, vous l’aurez compris, est un travail intégral sur soi, pas juste une question de calories dans son assiette. C’est intensif, c’est long mais c’est la seule façon d’éviter l’effet yoyo. Alors prêt à arrêter les régimes restrictifs ?

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

Albert Einstein

A très vite,

Aline & Maurianne
#teamfeelingfood