Effet miroir : l’impact négatif sur la perte de poids

On se promène tranquillement dans la rue lorsqu’une personne croise notre regard. Tout de suite, on se dit qu’elle doit nous trouver “trop gros.se”. Au boulot, des collègues parlent entre eux et la conversation s’arrête quand on arrive. Tout de suite, “c’est sûr, ils parlent de moi… ils ne m’aiment pas”. Notre patron nous appelle dans son bureau, à coup sûr “c’est parce qu’on est incompétent.e”. Et le soir, on a l’impression que notre compagnon/compagne ne nous porte pas assez d’attention.

Mais au final : 

  • Cette personne dans la rue ne nous a surement pas remarqué ou nous a trouvé charmant.e.
  • L’un de nos collègues parlait de sa vie privée et n’avait pas envie que cela se sache.
  • Notre patron voulait juste nous proposer une nouvelle tâche.
  • Ce n’est pas notre compagnon qui ne nous porte pas assez d’attention, c’est nous qui ne nous portons pas assez d’attention à nous même. 

Dans ces 4 exemples, il s’agit de ce que l’on appelle le principe des pensées miroirs ou de la projection psychologique.

Qu’est ce que le principe des pensées miroirs ou de la projection psychologique

La projection psychologique, ou la pensée miroir, consiste à transposer un élément de son psychisme sur l’extérieur (une personne ou un objet). 

Cela consiste à attribuer une caractéristique ou une pensée à quelqu’un d’autre que nous mais qui finalement devrait nous être attribuée. 

Par exemple, lorsque l’on se focalise sur les défauts de notre partenaire au point où ça en devient obsessionnel, il y a des chances pour que ce ne soit pas ses défauts qui nous importunes (après tout il/elle les avait bien au début de la relation) mais le reflet de nos propres défauts que l’on admet pas, que l’on refoule. 

Si on imagine ce que les gens pensent de nous, en réalité on est bien incapable de connaître leurs pensées. Mais ces pensées qu’on leurs attribue sont en fait le reflet de nos propres pensées (il pense que je suis nulle est en réalité “je pense que je suis nulle”, personne ne m’aime est en réalité “je ne m’aime pas”).

Il existe concrètement deux types de projections : 

  • La projection positive : lorsque l’on met quelqu’un ou quelque chose sur un piédestal, lorsque l’on admire une personne de façon disproportionnée, une personne de notre entourage comme une célébrité. Dans ce cas, on attribue à une personne des qualités que l’on a en nous sans nous en rendre compte. On aimerait être comme cette personne, on pense en être incapable mais clairement si on y regarde bien, on a également cette ou ces qualités en nous, notre peur, notre zone de confort souvent nous bloque. 
  • La projection négative : lorsque les pensées attribuées sont négatives ou lorsque l’on bloque sur les défauts des autres car nous avons nous même ce défaut sans même vouloir l’admettre. 

Si l’on devait résumer la projection psychologique, on pourrait dire que cela consiste à rejeter la faute sur les autres. La projection psychologique est d’ailleurs un système d’auto-défense, de protection de soi. 

Mais est-ce le meilleur outil de self defense ?

La projection un mécanisme défensif

La projection est un mécanisme de défense qui nous permet de fuir une situation vue comme problématique ou difficile en transposant sur l’autre nos propres doutes, nos angoisses, notre insécurité et parfois même nos erreurs (le fameux “c’est pas moi c’est lui” lorsque l’on est plusieurs dans l’histoire…). 

Le danger perçu peut venir d’une situation extérieur ou d’une émotion intérieure.

La projection perturbe ainsi l’analyse que l’on peut avoir d’une situation vécue car lorsque l’on regarde cette situation, on ne se confronte finalement pas à la réalité mais à au reflet de nos peurs, de notre insécurité. Notre regard n’est absolument pas objectif et c’est pour cela qu’il est très important de prendre du recul sur une situation. 

Lorsque l’on prend du recul sur nos projections, on se rend assez vite compte que ce que l’on projette : ce que l’on imagine est toujours pire que la réalité.

Lorsque l’on pense que personne ne nous aime, qu’on va nous abandonner ou qu’on est incapable si l’on prend du recul et qu’on regarde la réalité (les faits) on peut très vite se rendre compte qu’on est aimé. Qu’il n’y a aucune raison en soit pour qu’on nous abandonne et que oui on est capable de faire des choses si l’on s’en donne les moyens.

D’où proviennent ces projections ?

Comme beaucoup de choses finalement : de notre passé, de notre histoire. 

Cette histoire nous est d’ailleurs parfois imposée par projection : les projections de nos grand-parents. Leur insécurité a imprégné nos parents, augmentant leur propre insécurité, qu’ils nous ont ensuite transmise.

Il va donc être important, lorsque l’on se rend compte que l’on projette, de faire le point d’abord sur notre propre histoire, de voir d’où peut venir notre insécurité, quel évènement l’a entraîné et de travailler dessus. 

Si besoin, et surtout si possible, faire également le point sur l’histoire de nos parents ou de nos grand-parents lorsque l’on se rend compte que nos projections sont le fruit d’un héritage. 

Une mère qui angoisse de grossir et qui transmet cette angoisse à son enfant qui pense en permanence par la suite que tout le monde le trouve gros et qui admire de façon démesurée les personnes minces devra creuser sur l’insécurité de sa mère.

Avoir conscience que nous projetons, nous permet de mieux nous connaître, de voir comment nous sommes en réalité et nous offre la possibilité de travailler sur nous-même. De prendre nos responsabilités en arrêtant de rejeter la faute sur les autres.

L’impact de la projection sur notre vie et sur notre perte de poids

Le problème de la projection lorsque l’on souhaite perdre du poids, c’est qu’elle nous fait bien souvent douter de nous, de nos capacités. Elle diminue également très fortement notre estime de nous et notre confiance en nous. 

On imagine, tout au long de notre parcours, ce que les autres pensent de nous. Que ce soir lorsque l’on sort, lorsque l’on mange, lorsque l’on ne perd pas suffisamment ou trop vite. On leur attribue des pensées et on calque notre comportement sur ses pensées qui sont en réalité le reflet de nos propres pensées sur nous.

On en devient notre propre bourreau. On s’auto-limite. On se crée des barrières qui nous bloquent. On se crée de nouvelles règles en fonction de ces projections. On s’interdit des choses pour convenir à ces règles et on s’auto-sabote finalement.

Difficulté supplémentaire lorsque l’on veut perdre du poids : faire face aux projections des autres. Par exemple, un parent qui continuera de vous faire des réflexions, quelque soit le poids que vous faites. Une personne de votre entourage convaincue que vous n’y arriverez jamais alors que c’est elle qui n’y arrive pas.

Exercice pour diminuer ses projections :

Lorsque l’on attribue des pensées aux autres, transformer les pensées en les commençant par JE. 

Exemple : il me trouve moche → je me trouve moche.

Est-ce que ça te parle cette histoire de miroir ?

A très vite,
Aline & Maurianne
#teamfeelingfood

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