Stress : comment le maîtriser grâce à l’alimentation et la gestion des émotions

Ce n’est plus un secret, stress et alimentation sont étroitement liés. 

Dans certains cas, cela peut être l’acte de manger qui va entraîner un sentiment fort de stress. C’est souvent le cas dans le cadre de phobies ou de régimes restrictifs. Mais de manière plus courante, c’est plutôt le stress lui-même qui va avoir un impact sur notre manière de nous alimenter. C’est cet aspect que nous allons aborder en vous donnant les clés concrètes pour ne plus laisser le stress prendre le contrôle de votre alimentation et retrouvez un bien-être global.

Notre façon de nous alimenter est intimement liée au stress

Le stress a un impact impressionnant sur notre organisme et peu souvent de manière positive. Non seulement il peut nous donner envie de grignoter tout au long de la journée mais en plus il peut impacter sur notre transit entraînant ainsi constipation, diarrhée, ballonnements voir même des reflux gastriques. Bien entendu, tout ceci entraîne une gêne dans notre quotidien qui nous fait nous tourner vers des solutions de réponses immédiates telles que des prises médicamenteuses. 

Le stress perturbe également notre sommeil car notre cerveau ne cesse de cogiter, nous empêchant de sombrer dans un sommeil réparateur : difficulté à s’endormir, cauchemars, réveils nocturnes, crises d’angoisse… qui peuvent nous mener jusqu’à l’insomnie.

Qui dit sommeil perturbé, dit fatigue qui s’accumule de jour en jour et donc, dans une grande majorité des personnes, un appel du placard avec des envie de sucres pouvant aller jusqu’aux compulsions alimentaires, autrement appelées les TCA. L’appétit est totalement chamboulé et la faim occultée par le stress et la fatigue. 

Lorsque l’on est fatigué.e, le corps voit les aliments comme des petites piles d’énergies immédiates, un espèce de shoot d’adrénaline. Et clairement, il est bien plus facile et pratique de manger un gâteau sorti du tiroir de son bureau ou des bonbons trouvés dans sa poche que de faire une sieste au bureau ou sur un chantier. C’est pour cela que nous allons plus facilement nous tourner vers du grignotage que vers notre lit. Et pourtant, c’est ce qui serait le plus judicieux pour le bien-être de notre corps : dormir. 

Mais notre quotidien ne nous permet pas toujours cela. 

« Je crois qu’il est écrit : Ne me réveillez pas, je suis en train de travailler. » Pas sûre que ça fasse rire nos boss 🙈

Autre élément essentiel, pour les personnes qui mangent lorsqu’elles sont stressées, la nourriture est perçue de façon inconsciente comme doudou (faire un gros câlin à un doudou aurait d’ailleurs un effet similaire). L’aliment doudou est souvent riche en sucre et ou en gras et surtout permet une sécrétion d’endorphine, la petite hormone du bonheur qui nous permet de nous sentir bien. 

52 % des salariés présentent un niveau élevé d’anxiété et 16 % ont probablement un trouble anxieux, au sens médical du terme, 24% sont dans un état d’hyperstress (Source : la FIRPS) Ce n’est donc pas votre faute si vous vous tournez vers l’alimentation en cas de stress. Vous n’êtes simplement pas aider par le contexte actuel et votre corps qui essaie de trouver des solutions comme il peut avec les éléments à sa disposition.

L’alimentation, le paradoxe de notre société 

Outre le stress, nous avons tendance à gérer la plupart de nos émotions par l’alimentation : je stresse, je mange, je suis fatigué.e, je mange, je suis triste, je mange, je suis en colère, je mange, j’ai mal, je mange…

Cela est très caractéristique à notre époque. Souvent, parce que même adulte, nous ne savons pas gérer nos propres émotions. Et jusqu’à récemment, c’est quelque chose que nous n’apprenions pas non plus aux nouvelles générations. Comment leur apprendre une chose qui nous était alors inconnue ? L’alimentation devient souvent la seule solution pour calmer un enfant triste, pour le rassurer, l’apaiser et lui faire plaisir finalement. C’est un moyen simple et efficace d’occulter une émotion qui nous reflète nos propres émotions d’adultes que nous n’avons pas su gérer autrement jusqu’à maintenant. 

De plus, nous vivons dans une société hyper stressante. Nous pourrions disposer de temps “calmes” ou temps pour soi lors des repas quotidiens. Mais aujourd’hui, manger est devenu une de nos tâches du quotidien, comme bien d’autres, que nous devons vite expédier. En 2010, nous consacrions en moyenne 7 minutes à notre repas sur le lieu de travail (source INSEE). C’est même parfois une source de stress : “qu’est-ce qu’on mange ?”, “j’ai pas le temps de cuisiner” , “j’ai pas envie de cuisiner”. Notre corps a naturellement ce besoin vital de ce temps de repas, mais notre dans nos vies actuelles, nous ne lui accordons pas ce droit.

De plus, il est important de noter que nous en venons même à juger le contenu de nos assiettes et à le passer à la loupe. Aujourd’hui, il faut que tout soit “healthy”, local, de saison, cuisiné maison. Il y a d’ailleurs un réel paradoxe à ce niveau : on recherche la perfection dans l’assiette, mais on expédie nos repas lorsque nous sommes à table, puis nous recherchons, lorsque nous sommes stressés, une source de plaisir rapide en grignotant. Ce qui entraîne souvent de la culpabilité d’avoir “mal fait” et qui là encore alimente le cercle des émotions. On ne s’en sort plus.

Enfin, n’oublions pas que dans notre société ressentir des émotions est souvent mal vu, pleurer ou avoir peur est un signe de faiblesse, se mettre en colère peut être signe de violence… Les émotions négatives sont perçues commes néfastes, inutiles et les gérer comme une perte de temps, alors que finalement, manger est socialement acceptable.

Il y a donc un réel travail sur l’acceptation des émotions. Elles ne sont pas néfastes lorsqu’elles sont gérées de la bonne façon, lorsque l’on prend un peu de temps pour y faire face et que nous n’attendons pas l’effet cocotte minute. Car oui, les émotions ne disparaissent pas lorsqu’on les laisse de côté, elles s’accumulent. Il est donc important de s’occuper de nos émotions pour les vivre sereinement.

Le stress est un accélérateur à émotion. C’est important d’en prendre conscience. C’est ce qui va permettre de comprendre un grand nombre de nos réactions et de ce fait, d’imaginer et mettre en place des solutions pour agir sur ce stress et accepter toutes les émotions qui en résultent. C’est le 1er pas vers la libération.

Perso, j’étais plutôt du genre à vider mes placards quand j’étais stressée

Accueillir ses émotions, le process

Réduire son stress est tout à fait envisageable. Et ce, sans avoir besoin de passer par l’alimentation doudou. Voici un process qui va vous permettre de prendre conscience de vos émotions, mais surtout d’agir afin qu’elles aient le moins d’impact possible sur votre corps. 

1/Accepter

Premièrement, il faut déjà accepter de ressentir une émotion. Car oui, c’est sans doute la chose la plus importante. Il faut prendre un peu de temps pour la gérer et ne pas la refouler dans un coin. N’oubliez pas que refouler ne veut pas dire gérer… les émotions non gérées se stockent dans un coin de votre corps et ressurgiront tôt ou tard d’une façon ou d’une autre.

2/Définir

Ensuite, il faut définir l’émotion que l’on ressent, mettre un mot dessus et prendre conscience de ce qui nous a mis dans cet état. Prendre conscience de ce qui l’a déclenchée pour peut être pouvoir travailler sur ce déclencheur (par exemple : je suis fatigué.e car je me couche tard tous les soirs, peut être que je peux aller me coucher plus tôt).

3/Accueillir

Avant de manger nos émotion,  il est important d’essayer de les accueillir en adoptant un comportement approprié à l’émotion : 

  • taper sur un oreiller lors que l’on est en colère
  • faire une pause ou prendre un bain lorsque l’on est fatigué.e
  • faire un peu de méditation ou utiliser un dé anti-stress, quand on est surmené.e
  • en parler
  • colorier, écrire…

Cette étape permet de prendre conscience de l’impact de l’émotion sur nous. De réaliser qu’elle a une influence sur notre corps et notre esprit, puis d’agir. Après la prise de conscience de cette émotion, l’action est importante. C’est ce qui va permettre d’agir concrètement et d’évacuer l’émotion sans qu’elle ne laisse de stigmate. 

4/Agir

Une fois ces 3 étapes passées, il est important d’agir afin de réduire les sources d’émotions négatives. Tant qu’à faire, nous allons essayer de laisser la place à un maximum d’émotions positives ! 

Il est important de déterminer la source des émotions négatives, dont le stress et de mettre en place des actions et process concrets qui vont vous permettre d’éloigner ses sources de votre vie. Par exemple, cela peut-être de déléguer certaines tâches si l’on est fatigué.e, de prendre du temps pour soi pour se ressourcer, de communiquer avec son entourage professionnelle et personnel…

Il faut garder en tête que plus vous allez suivre le process ci-dessus, plus cela va être facile d’accepter vos émotions et de trouver des solutions. Finalement, cela sera peut-être cela le plus difficile, accepter de communiquer ou demander de l’aider quand c’est nécessaire. 

Mode d’emploi pour manger ses émotions

Que ce soit clair, il est tout à fait possible de manger ses émotions sans que cela ne soit négatif. 

L’important étant de ne pas remplacer l’émotion que l’on mange par une nouvelle émotion, comme la culpabilité, qui risque en plus d’entretenir le cercle de “consommation” de ses émotions.

Si l’on mange ses émotions, l’idéal est de le faire de façon consciente, en prenant son temps, en acceptant de manger ses émotions et en ressentant l’aliment que l’on mange canaliser l’émotion que l’on ressent jusqu’à la faire disparaître.

Dans ces cas là, et après avoir suivi le process vu avant, il vous faut manger avec ce qu’on appelle la pleine conscience. ll ne s’agit pas de vider un paquet de biscuits en quelques minutes ou de manger tout ce qui passe sous la main. Cela peut faire du “bien” sur l’instant, mais vous et nous savons très bien que c’est une illusion. Tout comme il est important d’accueillir vos émotions, si vous souhaitez les manger, il est important de le faire correctement. 

Pour manger vos émotions en pleine conscience, choisissez l’aliment que vous souhaitez. Mettez vous dans un endroit au calme et dégustez votre aliment. Prenez votre temps. Prenez conscience que vous le mangez parce que vous avez telle émotion et non pas juste pour vous remplir. Sentez l’aliment, prenez conscience de l’effet qu’il a sur vous. Plus vous allez prendre conscience de l’instant présent, plus l’ingestion de cet aliment aura un impact positif sur vous. Et là, le terme de “manger ses émotions” aura tout son sens. 

Des émotions, on en ressent des dizaines chaque jour. Elles font partie de nous, êtres humains, de notre façon d’être, de vivre. C’est ce qui rythme nos vies. Certaines sont plus fortes que d’autres; Et puis, il y a aussi ces jours où elles sont bien plus présentes, puissantes. Il est primordial de ne pas en avoir peur et d’accepter de les ressentir. Ce sont des signaux que notre corps nous envoie, souvent pour nous protéger. Les accepter, c’est aussi respecter notre corps, nous respecter. De nombreuses choses peuvent être mises en place afin de les appréhender de manière bienveillante et de les accueillir. Manger peut être une de ces façons mais il va être important que ce ne soit plus un mécanisme automatique qui entraîne de la culpabilité mais un mécanisme conscient nous permettant de nous sentir mieux.  

Es-tu stressé.e ? Cela a t’il un impact sur ton émotion ?

A très vite,
Aline & Maurianne
#teamfeelingfood