Tu n’es pas responsable de ton poids 

Comme de nombreuses personnes, sans doute as-tu déjà entrepris de nombreux régimes, que tu as tenu sur une certaine période, perdu du poids et repris. Peut-être es-tu gourmand.e ? Peut-être manges-tu tes émotions ? Peut-être as-tu du mal à perdre du poids et tout cela te donne l’impression d’être responsable de ton poids. Mais est-ce vraiment le cas ?  

Le poids dans l’histoire 

Pendant des siècles, même si les critères de beauté ont quelque peu changé et évolué, il n’en reste pas moins que la voluptuosité voire même le surpoids était un signe de réussite, un signe de bonne santé. Une poitrine lourde, des fesses bombées, un ventre rond attiraient les convoitises, tant de la gente masculine que féminine.  

A contrario, les femmes trop minces étaient perçues comme fragiles voir malades.   

Mais dans les années 1970, tout a changé. La femme a commencé à dévoiler son corps, à se dénuder, à porter des maillots de bain courts et à complexer. Les magazines féminins ont afflué et les premiers régimes ont vu le jour, modifiant ainsi radicalement les critères de beauté. On a commencé à préférer les femmes minces et musclées aux femmes rondes.

Le début du culte de la minceur et les conséquences sur les différentes générations  

Lorsque les premiers régimes ont vu le jour, les informations liées au métabolisme et au fonctionnement du corps lorsqu’il mange étaient très minces voire inexistantes. Je te rappelle que la diététique moderne n’existe que depuis les années 1970 justement et ce n’est pas une coïncidence.  

Par conséquent, malgré l’engouement majeur pour les régimes à cette époque, les conseils n’étaient fondés sur aucune étude. Il n’y avait pas de vision des résultats sur le long terme, aucun recul. Tout partait de suppositions, de principes mathématiques, de croyances liées aux aliments et bien entendu d’essais à tâtons.  

Tiens, on va incriminer le sucre, ah et puis le gras, etc. Depuis cette époque, on ne cesse chaque année de concevoir de nouvelles méthodes miracles pour perdre du poids. 

On a fait croire à coup de propagande que la perte de poids n’était qu’une question d’assiette. On a incriminé les mères, on a jugé les gens sur ce qu’ils mangeaient. Le gros est devenu synonyme de fainéant, de manque de volonté et de goulu.  

On a, sans faiblir, dit aux gens que leur poids était le fruit de leurs actions, le résultat de ce qu’ils mangent. On t’a sans doute dit que perdre du poids était une question de volonté, que quand on veut on peut, et que si tu n’y arrives pas c’est que tu ne fais pas assez d’effort. 

Cette vision des choses, et les conseils alimentaires des années 1970, ne cessent de se transmettre de génération en génération, de mère en fille dès le plus jeune âge, comme si on transmettait un bijou de famille.  

On a énormément de mal aujourd’hui à faire évoluer ces mentalités. On a énormément de mal aujourd’hui à modifier les peurs liées à l’alimentation. Et on a énormément de mal aujourd’hui à changer la vision que peuvent avoir les gens sur les gros.

Soyons simplement nous

Le poids, est-ce vraiment une question d’assiette ? 

On le sait aujourd’hui, tous ces régimes ne fonctionnent pas. On devrait même supprimer le mot régime amincissant du vocabulaire car il ne fonctionne pas.  

Effectivement, il est important de manger équilibré. Effectivement, il est important de bien manger, de varier et de porter de l’attention à ce que l’on mange. L’assiette a une certaine importance mais bien minime crois moi. 

Par contre, ton passé et ton présent ont la part la plus importante dans ton poids. 

Ton histoire a eu une répercussion sur ton poids. Tu n’es pas responsable de ce que tu mangeais petit.e. Tu as peut-être connu des événements malheureux ou traumatisants qui ont eu des conséquences sur ton poids. Tu as peut-être été conditionné.e par des réflexions, des remarques, des jugements qui ont eu un effet sur ton poids. On t’a peut-être fait des promesses non tenues sur des régimes, te faisant croire que tu allais perdre facilement et pour toujours. On t’a peut-être fait croire au régime ou au produit miracle. Et de tout cela tu n’en es pas responsable. 

Ton présent agit aussi en permanence sur ton poids. Peut-être dois-tu manger vite par manque de temps ou parce qu’on t’a toujours poussé à manger vite. Peut-être manges-tu tes émotions. Peut-être ne ressens-tu plus la faim et la satiété à force de manger à heures fixes et de devoir finir ton assiette tel qu’on te l’a toujours dit. Peut-être ne reconnais-tu pas les signaux de ton corps parce qu’on ne te l’a jamais appris. Et de cela non plus tu n’es pas responsable. 

Finalement, de quoi es-tu concrètement responsable par rapport à ton poids ? 

Je te rassure, malgré tout ce laïus, on me dit souvent mais si “je suis responsable” et j’imagine que, toi aussi, tu entends dans ta tête cette petite voix qui te dit que tu es responsable. Alors oui, tu as une responsabilité, ne nous le cachons pas. Mais cette responsabilité n’est pas sur ce que tu penses, pas sur ton passé, pas sur ton poids jusqu’à aujourd’hui.  

Jusque-là tu subissais la pression de la société, la pression familiale et professionnelle peut être aussi. Tu faisais de ton mieux pour t’en sortir, pour en finir avec ces kilos. Tu étais bel est bien une victime.  

C’est donc maintenant, à partir d’ici que commence ta responsabilité. Tu as le droit aujourd’hui d’être heureux.se, tu as le droit aujourd’hui de vouloir en finir avec tout ça et c’est OK.  

Tu as le droit aussi de vouloir perdre ces kilos qui te gâchent la vie, à toi maintenant de voir si tu veux continuer comme tu le faisais jusque-là ou si tu veux changer ta façon d’agir envers toi. 

Tu peux être responsable de ton bien être, n’est-ce pas une belle responsabilité ?

A très vite,
Aline & Maurianne
#teamfeelingfood